Les programmes de l'Education Nationale. Il est complet, pas toujours très clair, mais très détaillé.
C'est un peu le mode emploi de tout prof qui débute.
Personnellement, j'ai adoré enseigner les sciences cette année.
Cette année nous avons étudié l'astronomie, le corps humain etc...
Certains collègues ont eu beaucoup moins de chance! Car en regardant leur programme, ils ont vu cette petite ligne qui paraissait portant inoffensive :
"CM2 : Reproduction de l'Homme et éducation à la sexualité"
Aïe!
C'est donc à ce moment précis que les enseignants dévoilent en salle des maîtres, leur véritable personnalité! Plutôt ouvert? Plutôt coincé?
Vous rougissez dès que vous entendez le mot "pénis"?
Vous changez de sujet quand un élève vous demande "Comment on fait les bébés?" (Le coup de la bouteille de lait de fonctionnera pas, on vous aura prévenu)
Pire, vous vous énervez quand une élève raconte l'accouchement de son petit frère?
Dans ce cas, oubliez l'éducation sexuelle et choisissez un autre niveau de classe! Choisissez plutôt le CE2 et sa reproduction des plantes!
Mais alors comment aborder ce sujet si délicat qu'est la reproduction de l'Homme?
En général, le jour-J, les enseignants adoptent un look plutôt décontracté. Il prévoit sa petite serviette éponge pour essuyer quelques gouttes de sueur qui feraient malencontreusement leur apparition.
Il découpe soigneusement une trentaine de petits bouts de papier et dit :
"Je vais tenter de répondre à toutes les questions que vous vous posez. Je vous donne un morceau de papier sur lequel vous allez rédiger, de façon anonyme, une question."
C'est alors qu'au mois de juin (on attend en général la dernière période pour aborder ce sujet), vous verrez vos collègues de CM2 débarquer le sourire aux lèvres en salle de maître.
Vous dégusterez votre petite salade composée quand tout à coup une voix forte, celle de votre collègue de CM2 se fera entendre :
"Qui veut lire les questions sur la sexualité?"
Voici donc (je sais que vous l'attendiez tous) un petit florilège des questions posées.
Dans la série "les questions mignonnes"
- Sommes-nous obligés de faire des enfants?
- Est-ce que faire un enfant, ça fait mal?
- Est-ce que faire un enfant c'est sale?
- Pourquoi certaines femmes achètent-elles la pilule? Elles n'aiment pas les enfants?
Dans la série "c'est mignon mais il y a du boulot"
- Dans quelle pharmacie peut-on acheter la petite graine?
- Comment font les cigognes pour porter les bébés lourds?
- Pourquoi ma grand-mère fait-elle pousser des choux alors qu'elle est trop vieille pour avoir des enfants?
Dans la série "je sais des choses mais je fais semblant de ne pas comprendre"
- Pourquoi le pénis grossit-il parfois?
- Pourquoi les spermatozoïdes font-ils la course?
- Pourquoi l'ovule n'accueille qu'un seul spermatozoïde?
Dans la série "questions existentielles auxquelles il sera difficile de répondre"
- Pourquoi les femmes font parfois semblant de crier quand elles font l'amour?"
- Pourquoi les parents ne veulent pas toujours savoir si c'est garçon ou une fille?
C'est alors que d'un seul coup, sans même demander aux élèves, vous devinerez qui, parmi eux, ont des grands frères.
Dans la série "Je suis trop petit pour savoir tout ça"
- Quand les femmes lèchent le pénis de l'homme, que font-elles?
- Pourquoi les hommes mettent-ils leur sexe dans l'anus de la fille?
ou pire :
- Pourquoi certains parents se battent quand ils font l'amour?
Tout à coup, le sujet est beaucoup moins drôle.
La salade composée, elle, n'est pas passée.
Perles des élèves, des parents, des collègues, anecdotes, tout y passe !
Perles des élèves, des parents, des collègues, anecdotes, tout y passe !!!
Professeur des écoles, le "plus beau métier du monde" dit-on! Le métier rêvé des enfants.
Pour y arriver : quelques années d'études, un concours plutôt difficile (si si!) et une formation très insuffisante.
A travers les "VDM" des élèves (en hommage au désormais célèbre site web), ce blog raconte le quotidien d'un jeune prof qui débute dans le métier.
Professeur des écoles, le "plus beau métier du monde" dit-on! Le métier rêvé des enfants.
Pour y arriver : quelques années d'études, un concours plutôt difficile (si si!) et une formation très insuffisante.
A travers les "VDM" des élèves (en hommage au désormais célèbre site web), ce blog raconte le quotidien d'un jeune prof qui débute dans le métier.
samedi 18 juin 2011
dimanche 12 juin 2011
Les fiches de préparation
"De toute façon, vous, les profs, vous vous plaignez tout le temps mais vous ne travaillez que 24 heures par semaine!"
Cela pourrait effectivement être vrai si :
- Le travail se prépare tout seul
- Les élèves ne font jamais de fautes (donc pas de correction)
- Les élèves ne sont jamais évalués.
- Les réunions pédagogiques, les RDV parents/profs, les conseils d'école, les conseils de cycle, les conseils des maîtres.... sont interdits.
"Oui mais euhh... (n'a pas d'autre argument)...c'est pas tous les jours!"
C'est vrai! Les réunion et es conseils, ce n'est pas tous les jours!. Mais nous avons bien pire : LES FICHES DE PREP!
A l'heure où notre gouvernement prône l'écologie à tout bout de champ, au Ministère de l'Education Nationale, ce temps n'est toujours pas arrivé. Et oui, on nous demande encore de remplir des papiers inutiles!
Mais alors qu'est-ce qu'une fiche de Prep ?
Il s'agit tout simplement de la description précise et détaillée d'une séance d'enseignement. Elle sert à anticiper, penser, prévoir sa séance dans les moindres détails : durée, compétence enseignée, modalités de travail, documents distribués, traces écrites au tableau, bilan de la séance...
Bref, une fiche de prep = une demi-heure de travail supplémentaire dont on se passerait bien!
Vous allez me dire "Mais vous n'êtes pas obligés de les faire!"
Officiellement si ! (deux par jour), Officieusement non! Je veux dire par là que peu d'enseignants les font.
Pour ma part, j'ai cessé d'en faire à partir du moment où j'ai cessé d'être "surveillé". Quand vous débutez, il est vrai que faire ses fiches de prep peut s'avérer utile :
En effet, lors d'une visite ou d'une inspection : vous devrez les montrer. Si elles ne sont pas faites au fur et à mesure, à vous les veillées nocturnes où vous devrez les rattraper (ce qui n'aura plus aucun intérêt car vos séances ont déjà été faites en classe!)
Le véritable problème de ces fiches de prep, c'est le temps que l'on perd à les faire. Honnêtement, je ne dis pas qu'elles sont inutiles ; mais perdre une heure par jour de son temps libre à remplir des fiches, vous avouerez que ça fait quand même réfléchir.
Avec un peu d'expérience, vous vous rendrez vite compte que les fiches de prep sont un sujet un peu tabou dans le milieu enseignant. Les inspecteurs, eux, font sans doute la sourde oreille. Ils insistent pour que nous les fassions mais ils savent bien, au fond, que c'est peine perdue!
Ce qui est encore plus drôle, c'est qu'il s'agit d'un document personnel ; c'est à dire qu'il doit être utile pour sa propre expérience. C'est l'assurance d'une séance réussie car elle a été réfléchie, pensée et analysée à l'avance. Cette fiche,pour résumer, permet d'éviter l'improvisation.
Un document personnel donc.
Alors la question est ouverte : pourquoi la hiérarchie est-elle si stricte et si protocolaire avec ces fiches de prep? Pourquoi avons-nous l'obligation de les faire? Quelque chose m'échappe.
Je pense vraiment qu'imposer aux enseignants une méthode travail (car c'en est une) n'est pas quelque chose de très malin. Imposer, c'est se confronter au refus. La liberté pédagogique de chaque enseignant est-elle pour autant atteinte? Peut être. Le résultat, c'est que les profs ne s'approprient pas ce document car ils ne voient en lui qu'un reflet de la volonté de l'Inspecteur, et non pas un document de travail.
Du coup, pour résumer, peu d'enseignants font leurs fiches pour eux-mêmes.
La plupart d'entre nous, ne font des fiches que lorsque l'Inspection est imminente!
En début d'année, sachant que j'allais être "visité", je me devais donc de faire quotidiennement deux fiches de prep par jour. Le couteau sous la gorge, je perdais une heure de mon temps par jour et 45 euros de cartouche d'encre par mois dans la réalisation de ces fiches.
Le jour de ma dernière visite, je confie à la conseillère pédagogique un énorme classeur de fiches de prep, fruit de tout mon travail. Ce n'était pas sans fierté.
Alors je repose ma question : pourquoi la hiérarchie est-elle si stricte et si protocolaire avec ces fiches de prep?
Quelque chose m'échappe car :
Elle n'a jamais ouvert mon classeur.
Cela pourrait effectivement être vrai si :
- Le travail se prépare tout seul
- Les élèves ne font jamais de fautes (donc pas de correction)
- Les élèves ne sont jamais évalués.
- Les réunions pédagogiques, les RDV parents/profs, les conseils d'école, les conseils de cycle, les conseils des maîtres.... sont interdits.
"Oui mais euhh... (n'a pas d'autre argument)...c'est pas tous les jours!"
C'est vrai! Les réunion et es conseils, ce n'est pas tous les jours!. Mais nous avons bien pire : LES FICHES DE PREP!
A l'heure où notre gouvernement prône l'écologie à tout bout de champ, au Ministère de l'Education Nationale, ce temps n'est toujours pas arrivé. Et oui, on nous demande encore de remplir des papiers inutiles!
Mais alors qu'est-ce qu'une fiche de Prep ?
Il s'agit tout simplement de la description précise et détaillée d'une séance d'enseignement. Elle sert à anticiper, penser, prévoir sa séance dans les moindres détails : durée, compétence enseignée, modalités de travail, documents distribués, traces écrites au tableau, bilan de la séance...
Bref, une fiche de prep = une demi-heure de travail supplémentaire dont on se passerait bien!
Vous allez me dire "Mais vous n'êtes pas obligés de les faire!"
Officiellement si ! (deux par jour), Officieusement non! Je veux dire par là que peu d'enseignants les font.
Pour ma part, j'ai cessé d'en faire à partir du moment où j'ai cessé d'être "surveillé". Quand vous débutez, il est vrai que faire ses fiches de prep peut s'avérer utile :
En effet, lors d'une visite ou d'une inspection : vous devrez les montrer. Si elles ne sont pas faites au fur et à mesure, à vous les veillées nocturnes où vous devrez les rattraper (ce qui n'aura plus aucun intérêt car vos séances ont déjà été faites en classe!)
Le véritable problème de ces fiches de prep, c'est le temps que l'on perd à les faire. Honnêtement, je ne dis pas qu'elles sont inutiles ; mais perdre une heure par jour de son temps libre à remplir des fiches, vous avouerez que ça fait quand même réfléchir.
Avec un peu d'expérience, vous vous rendrez vite compte que les fiches de prep sont un sujet un peu tabou dans le milieu enseignant. Les inspecteurs, eux, font sans doute la sourde oreille. Ils insistent pour que nous les fassions mais ils savent bien, au fond, que c'est peine perdue!
Ce qui est encore plus drôle, c'est qu'il s'agit d'un document personnel ; c'est à dire qu'il doit être utile pour sa propre expérience. C'est l'assurance d'une séance réussie car elle a été réfléchie, pensée et analysée à l'avance. Cette fiche,pour résumer, permet d'éviter l'improvisation.
Un document personnel donc.
Alors la question est ouverte : pourquoi la hiérarchie est-elle si stricte et si protocolaire avec ces fiches de prep? Pourquoi avons-nous l'obligation de les faire? Quelque chose m'échappe.
Je pense vraiment qu'imposer aux enseignants une méthode travail (car c'en est une) n'est pas quelque chose de très malin. Imposer, c'est se confronter au refus. La liberté pédagogique de chaque enseignant est-elle pour autant atteinte? Peut être. Le résultat, c'est que les profs ne s'approprient pas ce document car ils ne voient en lui qu'un reflet de la volonté de l'Inspecteur, et non pas un document de travail.
Du coup, pour résumer, peu d'enseignants font leurs fiches pour eux-mêmes.
La plupart d'entre nous, ne font des fiches que lorsque l'Inspection est imminente!
En début d'année, sachant que j'allais être "visité", je me devais donc de faire quotidiennement deux fiches de prep par jour. Le couteau sous la gorge, je perdais une heure de mon temps par jour et 45 euros de cartouche d'encre par mois dans la réalisation de ces fiches.
Le jour de ma dernière visite, je confie à la conseillère pédagogique un énorme classeur de fiches de prep, fruit de tout mon travail. Ce n'était pas sans fierté.
Alors je repose ma question : pourquoi la hiérarchie est-elle si stricte et si protocolaire avec ces fiches de prep?
Quelque chose m'échappe car :
Elle n'a jamais ouvert mon classeur.
samedi 11 juin 2011
La fin de l'année
Il y a quelque chose de très intéreressant dans ce métier : c'est son aspect cyclique.
Tout est ordonné, cadré et organisé de façon temporelle.
Et oui, si on observe bien : nous fonctionnons (verbe spécial prof) de façon répétée tout au long de notre carrière.
Il y a trois heures par demi-journées de classe
Il y a deux journées dans une journée d'école
Il y a quatre jours de classe dans une semaine.
Il y a entre cinq et neuf semaines dans une période
Il y a cinq périodes dans une année scolaire
Il y a deux ou trois années par cycle d'apprentissage
Il y a trois cycles dans l'enseignement primaire
etc...
Nous arrivons à la fin de l'année scolaire.
Les élèves de CM1 auront subi le 4 juillet :
- 288 heures de français
- 180 heures de maths
- 108 heures de sport
- 54 heures d'anglais
- 78 heures de sciences
- 78 heures de culture humaniste (arts, histoire de l'art)
- 78 heures d'histoire géo
Pour un total de 864 heures d'enseignement.
Gloups
Vous avez dit "c'est énorme!"
Détrompez-vous, ça passe très vite!
La lourdeur des programmes fait peur et l'enseignant se laisse très vite déborder.
C'est pour cela qu'en fin d'année, un phénomène très particulier fait son apparition chez les enseignants ; un phénomène psychologique ponctuel dont les premiers symptômes font surface vers le mois de mai. je parle bien sûr du "Coup de pied aux fesses"!
En salle des maîtres, certaines phrases typiques se font entendre :
- "Plus qu'un mois, et j'ai même pas commencé les nombres décimaux!"
- "La remise des livrets est dans trois semaines, qu'est-ce que je vais mettre dedans!"
- "Quand je pense à toutes les évals que je vais devoir corriger"
- "Et Lucie elle ne sait toujours pas lire"
En cours de récréation, les enseignants en service de surveillance en profitent aussi :
- "Nous sommes en mai et tu ne sais toujours pas que les toupies Bey Bled sont interdites!"
- "RANGEZ-VOUS, je le dis depuis le début de l'année, c'est quand même pas compliqué!"
En classe, vous sentez déjà une sorte de relâchement, les élèves sont fatigués.
Mais un autre phénomène, plus agréable celui-là, fait son apparition en fin d'année : la prise de conscience que vos élèves ont grandi.
- Non, vos élèves ne mettent plus vingt minutes pour sortir leur ardoise.
- Oui, vos élèves ont compris qu'il fallait lever le doigt pour prendre la parole.
- Il faut désormais une demi-heure pour une leçon de français et non plus une heure et demi.
- Vos élèves ne vous demandent plus si il faut souligner en bleu ou en rouge.
- Oui, vos élèves pensent à écrire leur prénom sur leurs copies.
- Vos élèves n'ont plus envie d'aller aux toilettes cinq minutes avant la récréation.
Et toutes ces petites choses qui paraissent pourtant anodines, vont vous permettre de réaliser pour la première fois, une chose qui, jusqu'ici vous paraissait impossible : vous asseoir à votre bureau!
La fin de l'année, une période éphémère qui ne durera pas (car il faudra tout recommencer à la rentrée)
Malheureusement, toute cette chaîne de bonheur sera brisée un beau jour de juin lorsqu'un élève viendra à votre bureau, tout penaud, et vous glissera un doux secret dans l'oreille :
"Maître, .................................... je crois que j'ai fais pipi............."
Tout est ordonné, cadré et organisé de façon temporelle.
Et oui, si on observe bien : nous fonctionnons (verbe spécial prof) de façon répétée tout au long de notre carrière.
Il y a trois heures par demi-journées de classe
Il y a deux journées dans une journée d'école
Il y a quatre jours de classe dans une semaine.
Il y a entre cinq et neuf semaines dans une période
Il y a cinq périodes dans une année scolaire
Il y a deux ou trois années par cycle d'apprentissage
Il y a trois cycles dans l'enseignement primaire
etc...
Nous arrivons à la fin de l'année scolaire.
Les élèves de CM1 auront subi le 4 juillet :
- 288 heures de français
- 180 heures de maths
- 108 heures de sport
- 54 heures d'anglais
- 78 heures de sciences
- 78 heures de culture humaniste (arts, histoire de l'art)
- 78 heures d'histoire géo
Pour un total de 864 heures d'enseignement.
Gloups
Vous avez dit "c'est énorme!"
Détrompez-vous, ça passe très vite!
La lourdeur des programmes fait peur et l'enseignant se laisse très vite déborder.
C'est pour cela qu'en fin d'année, un phénomène très particulier fait son apparition chez les enseignants ; un phénomène psychologique ponctuel dont les premiers symptômes font surface vers le mois de mai. je parle bien sûr du "Coup de pied aux fesses"!
En salle des maîtres, certaines phrases typiques se font entendre :
- "Plus qu'un mois, et j'ai même pas commencé les nombres décimaux!"
- "La remise des livrets est dans trois semaines, qu'est-ce que je vais mettre dedans!"
- "Quand je pense à toutes les évals que je vais devoir corriger"
- "Et Lucie elle ne sait toujours pas lire"
En cours de récréation, les enseignants en service de surveillance en profitent aussi :
- "Nous sommes en mai et tu ne sais toujours pas que les toupies Bey Bled sont interdites!"
- "RANGEZ-VOUS, je le dis depuis le début de l'année, c'est quand même pas compliqué!"
En classe, vous sentez déjà une sorte de relâchement, les élèves sont fatigués.
Mais un autre phénomène, plus agréable celui-là, fait son apparition en fin d'année : la prise de conscience que vos élèves ont grandi.
- Non, vos élèves ne mettent plus vingt minutes pour sortir leur ardoise.
- Oui, vos élèves ont compris qu'il fallait lever le doigt pour prendre la parole.
- Il faut désormais une demi-heure pour une leçon de français et non plus une heure et demi.
- Vos élèves ne vous demandent plus si il faut souligner en bleu ou en rouge.
- Oui, vos élèves pensent à écrire leur prénom sur leurs copies.
- Vos élèves n'ont plus envie d'aller aux toilettes cinq minutes avant la récréation.
Et toutes ces petites choses qui paraissent pourtant anodines, vont vous permettre de réaliser pour la première fois, une chose qui, jusqu'ici vous paraissait impossible : vous asseoir à votre bureau!
La fin de l'année, une période éphémère qui ne durera pas (car il faudra tout recommencer à la rentrée)
Malheureusement, toute cette chaîne de bonheur sera brisée un beau jour de juin lorsqu'un élève viendra à votre bureau, tout penaud, et vous glissera un doux secret dans l'oreille :
"Maître, .................................... je crois que j'ai fais pipi............."
jeudi 19 mai 2011
Louis Croix Batôn V
Moi de mai, évaluation d'histoire portant sur le roi Louis XIV.
La question était : "Quel était le surnom de Louis XIV?"
Voici plusieurs des réponses obtenus :
- Le roi du soleil
- Le roi qui pue
- Le roi fainéant
- Le roi qui s'habille en fille
- Louis XVI
mercredi 11 mai 2011
Charles Perrault a 400 ans
- "Nous venons de lire 'Barbe Bleue' de Charles Perrault. Connaissez-vous d'autres contes écrits par cet auteur"
- Réponse d'un élève : "Tom-Tom et Nana"
mercredi 20 avril 2011
Les stages de remise à niveau
Depuis 2008, l'Education Nationale fait le pari ambitieux d'encadrer des élèves de CM1 ou de CM2 en très grosse difficulté pendant les vacances scolaires. L'idée est plutôt bonne. Les stages de remise à niveau se déroulent donc sur trois sessions :
15 heures....
moins les récréations 12h30...
12h30...
Pensez-vous qu'il est possible , en 12h30, de réaliser cette mission : "remettre à niveau" des élèves qui ont parfois plus de deux ans de retard sur le programme?
Chaque enseignant partira du principe que cela paraît difficile, sans être complètement pessimiste.
Pour la première fois, durant ces vacances de printemps, j'ai décidé d'arrondir mes fins de mois en participant au stage de remise à niveau.
Lundi : arrivée des élèves. Je ne les connais pas, ils viennent d'une autre école. Au préalable, j'ai reçu un document de leur enseignante détaillant la nature des difficultés :
"Bonjour, voici 6 élèves de CM1 qui ont de lourdes difficultés en conjugaison et en numération. Merci de travailler avec eux, les quatre opérations (addition, soustraction, multiplication, division) ainsi que tous les temps de conjugaison au programme de CM1 à savoir : présent, passé simple, passé composé, futur, imparfait, impératif"
12h30.....
Je repose ma question : Pensez-vous qu'il est possible , en 12h30, de réaliser cette mission : "remettre à niveau" des élèves qui ont parfois plus de deux ans de retard sur le programme?
Chaque enseignant partira du principe que cela paraît difficile, sans être complètement pessimiste.
Et bien nous y voilà!
Première étape : une petite évaluation des compétences, pour mesurer l'ampleur du problème.
- Natasha?
- Oui?
- 15 + 3?
- 20!
(Aïe)
- Sylvain?
- Oui?
- Conjugue-moi le verbe être au présent de l'indicatif.
- Facile!(ouf!) j'être, tu êtres, il être, nous êtrons...
(Re-Aïe)
Vous comprendrez aisément que, même s'il s'agit d'une très bonne intention, 12h30 de stage de permettront pas de relever la barre! Pour ces élèves, la notion même de la conjugaison leur est étrangère! En ce qui concerne les opérations, nous sommes à ras des pâquerettes!
Et pourtant...
Vendredi, dernier jour de stage. C'est à peine croyable. En 12h30, les élèves ont appris à faire les quatre opérations. Sylvain fait des divisions sans se tromper, Lucie fait la différence entre le passé et le futur, Natasha connaît ses tables de multiplication...
A la sueur de mon front, nous y sommes arrivés!
Pour les valoriser, j'ai l'idée de refaire l'évaluation de lundi. ils se rendront compte d'eux-mêmes des progrès accomplis :
- Natasha?
- Oui?
- 15 + 3?
- Alors je pose 15, je met le "+", je met 3. "5+3=10" Je pose 0, je retiens 1. "1+1=2". Donc ça fait 20!
(Aïe)
- Sylvain?
- Oui?
- Conjugue-moi le verbe être au présent de l'indicatif
- Donc, le prészent c'est quand ça se passe maintenant : j'étais, tu étais, il était...
Rien n'est jamais gagné!
- une semaine pendant les vacances de printemps ;
- la première semaine de juillet ;
- la dernière semaine des vacances d'été.
15 heures....
moins les récréations 12h30...
12h30...
Pensez-vous qu'il est possible , en 12h30, de réaliser cette mission : "remettre à niveau" des élèves qui ont parfois plus de deux ans de retard sur le programme?
Chaque enseignant partira du principe que cela paraît difficile, sans être complètement pessimiste.
Pour la première fois, durant ces vacances de printemps, j'ai décidé d'arrondir mes fins de mois en participant au stage de remise à niveau.
Lundi : arrivée des élèves. Je ne les connais pas, ils viennent d'une autre école. Au préalable, j'ai reçu un document de leur enseignante détaillant la nature des difficultés :
"Bonjour, voici 6 élèves de CM1 qui ont de lourdes difficultés en conjugaison et en numération. Merci de travailler avec eux, les quatre opérations (addition, soustraction, multiplication, division) ainsi que tous les temps de conjugaison au programme de CM1 à savoir : présent, passé simple, passé composé, futur, imparfait, impératif"
12h30.....
Je repose ma question : Pensez-vous qu'il est possible , en 12h30, de réaliser cette mission : "remettre à niveau" des élèves qui ont parfois plus de deux ans de retard sur le programme?
Chaque enseignant partira du principe que cela paraît difficile, sans être complètement pessimiste.
Et bien nous y voilà!
Première étape : une petite évaluation des compétences, pour mesurer l'ampleur du problème.
- Natasha?
- Oui?
- 15 + 3?
- 20!
(Aïe)
- Sylvain?
- Oui?
- Conjugue-moi le verbe être au présent de l'indicatif.
- Facile!(ouf!) j'être, tu êtres, il être, nous êtrons...
(Re-Aïe)
Vous comprendrez aisément que, même s'il s'agit d'une très bonne intention, 12h30 de stage de permettront pas de relever la barre! Pour ces élèves, la notion même de la conjugaison leur est étrangère! En ce qui concerne les opérations, nous sommes à ras des pâquerettes!
Et pourtant...
Vendredi, dernier jour de stage. C'est à peine croyable. En 12h30, les élèves ont appris à faire les quatre opérations. Sylvain fait des divisions sans se tromper, Lucie fait la différence entre le passé et le futur, Natasha connaît ses tables de multiplication...
A la sueur de mon front, nous y sommes arrivés!
Pour les valoriser, j'ai l'idée de refaire l'évaluation de lundi. ils se rendront compte d'eux-mêmes des progrès accomplis :
- Natasha?
- Oui?
- 15 + 3?
- Alors je pose 15, je met le "+", je met 3. "5+3=10" Je pose 0, je retiens 1. "1+1=2". Donc ça fait 20!
(Aïe)
- Sylvain?
- Oui?
- Conjugue-moi le verbe être au présent de l'indicatif
- Donc, le prészent c'est quand ça se passe maintenant : j'étais, tu étais, il était...
Rien n'est jamais gagné!
vendredi 15 avril 2011
Sortie scolaire sous pression
Il y a des jours dans une année scolaire qui sont inévitables. Aujourd'hui, pas de cahiers, pas de stylos, pas de "qui mange à la cantine", pas de sonnerie..., rien! Ce fameux jour, c'est la sortie scolaire.
Vous vous y êtes préparés depuis plusieurs semaines : location du bus, réservation des musées, mots à l'attention des parents, collecte des fonds, questionnaires pour le musée etc...
Un mois de dur labeur durant lequel vous avez tout fait pour que cela vous coûte le moins possible, budget serré oblige.
La veille, vous n'avez pas bien dormi. Vous avez fait le tour de tout ce dont vous deviez absolument penser :
photocopies, cahier d'appel, fiches de renseignements, médicaments pour les enfants malades (PAI), téléphone portable rechargé, appareil photo, plan du musée, chéquier, organisation des groupes, les chocolats pour le chauffeur de bus pour la réduc', liste des parents accompagnateurs (et leurs numéros de portable)...
Mais vous avez oublié une chose. Une chose qui risque de vous contrarier toute la journée :
JASON.
Jason est un élève incontrôlable. Il saute, court partout, n'écoute rien, crie, hurle, crache, frappe, insulte et bien sûr il ne fait rien en classe.
Jason, c'est 60% de mon énergie dépensée quotidienne.
Jason vient à la sortie, et tout de suite, la journée risque d'être un peu moins sympathique que prévue.
Mais Jason est prévenu. Il doit bien se tenir. dans le cas contraire, il ne viendrait plus aux sorties suivantes.
Arrivée du bus : Jason se tient bien.
Départ pour Paris : Jason s'endort!
Arrivée au palais de la Découverte : pas un mot.
Visite du musée : Jason s'intéreresse.
Sortie du musée : Jason regarde à gauche et à droite avant de traverser.
Pique-nique : Jason chuchote.
Visite de la tour Eiffel : Jason prend des photos
Visite de Notre-Dame de Paris : Jason ne crie pas et respecte les fidèles. Il remplit même le questionnaire!
Retour en car : Rien à dire.
Arrivée à l'école, devant le portail, Il est 16h30 et la maman de Jason est déjà là de l'autre côté de la route. (Elle ne vient jamais près du portail. Je pense qu''elle a peur de ce que j'ai parfois à lui dire!)
Jason sort le dernier du bus. Je l'interpelle :
"Dis Donc Jason, aujourd'hui, je suis épaté! C'est décidé, je peux te faire confiance. Tu viendras à la prochaine sortie!"
En entendant ces mots, Jason sourit...
...
...
..
puis il éclate : OUAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS.!!!!!!!!
Il saute, court partout, n'écoute rien, crie, hurle, crache, frappe, insulte et bien sûr il traverse la route et manque de se faire écraser.
SNIF!
Vous vous y êtes préparés depuis plusieurs semaines : location du bus, réservation des musées, mots à l'attention des parents, collecte des fonds, questionnaires pour le musée etc...
Un mois de dur labeur durant lequel vous avez tout fait pour que cela vous coûte le moins possible, budget serré oblige.
La veille, vous n'avez pas bien dormi. Vous avez fait le tour de tout ce dont vous deviez absolument penser :
photocopies, cahier d'appel, fiches de renseignements, médicaments pour les enfants malades (PAI), téléphone portable rechargé, appareil photo, plan du musée, chéquier, organisation des groupes, les chocolats pour le chauffeur de bus pour la réduc', liste des parents accompagnateurs (et leurs numéros de portable)...
Mais vous avez oublié une chose. Une chose qui risque de vous contrarier toute la journée :
JASON.
Jason est un élève incontrôlable. Il saute, court partout, n'écoute rien, crie, hurle, crache, frappe, insulte et bien sûr il ne fait rien en classe.
Jason, c'est 60% de mon énergie dépensée quotidienne.
Jason vient à la sortie, et tout de suite, la journée risque d'être un peu moins sympathique que prévue.
Mais Jason est prévenu. Il doit bien se tenir. dans le cas contraire, il ne viendrait plus aux sorties suivantes.
Arrivée du bus : Jason se tient bien.
Départ pour Paris : Jason s'endort!
Arrivée au palais de la Découverte : pas un mot.
Visite du musée : Jason s'intéreresse.
Sortie du musée : Jason regarde à gauche et à droite avant de traverser.
Pique-nique : Jason chuchote.
Visite de la tour Eiffel : Jason prend des photos
Visite de Notre-Dame de Paris : Jason ne crie pas et respecte les fidèles. Il remplit même le questionnaire!
Retour en car : Rien à dire.
Arrivée à l'école, devant le portail, Il est 16h30 et la maman de Jason est déjà là de l'autre côté de la route. (Elle ne vient jamais près du portail. Je pense qu''elle a peur de ce que j'ai parfois à lui dire!)
Jason sort le dernier du bus. Je l'interpelle :
"Dis Donc Jason, aujourd'hui, je suis épaté! C'est décidé, je peux te faire confiance. Tu viendras à la prochaine sortie!"
En entendant ces mots, Jason sourit...
...
...
..
puis il éclate : OUAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS.!!!!!!!!
Il saute, court partout, n'écoute rien, crie, hurle, crache, frappe, insulte et bien sûr il traverse la route et manque de se faire écraser.
SNIF!
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